[u][b]Résumé de l'histoire (spoile les premiers épisodes):[/b][/u]

Japon, vers 1700. Une auberge, à Edo (Tokyo à l'époque, désolé pour les historiens en herbe ^^). Un fils d'officiel entre avec son escorte, en grande pompe, en se la jouant... fils à papa! ^^ . Un homme, au fond, dans l'ombre, dont on devine tout de suite le mauvais caractère, la vie errante, le manque d'éducation, bref, le bandit de grand chemin typique, provoque bientôt une rixe avec l'escorte. Ca commence fort. Là dessus, un autre homme, jeune, mais posé, dans une tenue rigoureuse de samurai typique,  fait son entrée, et entame aussitôt le combat avec le forban mal rasé.

Là, normalement, vous vous dites "au secours!". On a le Bon (le jeune samurai), la Truand (le bandit de grand chemin)... Mais où est passé La Brute, et l'affiche sera complète...
Et bien... pas du tout. Alors que les deux hommes s'affrontent, dans des styles opposés point par point, l'un qui défie les règles du kenjutsu et l'autre qui les respecte toutes, mais de valeur égale, et alors que l'auberge ressemble de plus en plus à une ruine, une bougie tombe, quel malheureux hasard, et fait flamber la belle auberge. A noter, c'est le gentil monsieur propre sur lui qui a semé le plus la panique... pis d'abord on lui avait rien demandé à lui !

L'auberge incendiée, les deux hommes poursuivent leur combat dans la rue, et seul un petit bout de femme, une serveuse répondant au nom de Fuu, parvient, à grand peine et avec péril, à les séparer. Elle se prénomme Fuu. Au lieu de s'entretuer, elle leur propose, puisqu'ils ont ruiné son auberge, et donc son travail, de l'accompagner dans un voyage sans destination à travers le Japon, à la recherche d'un "samurai sentant le tournesol". Vive l'indice ! Les deux hommes refusent, mai perdent un pari sur un jeu de pile ou face, et se trouvent obligé de coopérer dans l'escorte de la jeune femme dans sa quête apparemment sans queue ni tête.

Mais c'est n'importe quoi! (voix de barbare du DDN, désolé, private joke ^^) êtes vous en train de vous exclamer. Et bien... Vous avez raison ! Samurai Champloo, c'est, à l'inverse de pas mal d'animes que je vous ai présenté, une série basée sur un humour très décalé, un regard délirant sur le Japon médiéval, des collisions spatio-temporelles à faire peur à Marty Mac Fly, bref, un grand n'importe quoi hilarant. Mais c'est bien plus encore...

[u][b]Première impression:[/b][/u]

Test pour savoir si vous avez une certaine sensibilité à l'humour nippon: regardez le premier épisode. Si vous n'êtes pas mort de rire, ou mourant, pire, si vous restez à vous demander pourquoi tous vos potes ont mal aux côtes... Ben ça marche pas pour vous. ^^
Passé le générique (à bannir, une vraie honte, un générique d'anime en J-rap! Beuuuuuuuarrrrrrrggl!), j'ai tout de suite accroché à l'anime, qui traite d'une période qui me passionne, et qui, de plus, ne se prend pas au sérieux.
Le trio de personnages principaux est particulièrement détonannt et efficace niveau humour: le samurai pur et dur, qui parle peu et semble toujours réfléchir, ou du moins se foutre totalement des autres, mais qui en fait observe et voit tout, l'outlaw déjanté, grande gueule, provocateur, qui ne pense qu'à son épée chinoise (bouh la honte (à l'époque)) et à son estomac, et Fuu, la soi-disant fragile petite femme perdue entre ces deux hommes qui semblent ne pas la prendre en compte dans leur existence et la mépriser au dernier degré, mais qui finalement... craignent ses colères, la suivent, la protègent (mais bon les filles ne comprennent pas ces signes là, c'est bien connu ^^)... Tout est là pour une suite ininterrompue de gags en chaîne.
Et en fait... Il n'y a pas que ça dans Samurai Champloo! Il y a aussi une vraie histoire (qui prend forme surtout à la fin), des passages pas délirants du tout, tristes, sombres, réalistes, des destins croisés, des rencontres qui modifient les interactions des trois héros.
L'anime alterne donc entre délires complets et passage ayant plus de sens, construisant petit à petit l'intrigue, complexifiant les personnages, leurs rapports, et ... donnant de nombreux détails historiques très intéressants sur le Japon médiéval, ses croyances, ses coutumes, etc. Pour un anime pas sérieux du tout, il y a de nombreuses références culturelles, de petites anecdotes certes, mais qui permettent de mieux cerner pas mal de choses sur le Japon de ce temps là.
Bien sur, aussi, avec deux persos principaux dont la caractéristique première est d'être d'excellents sabreurs, ça frite. Et pas qu'un peu ! Ca n'est pas mon habitude de faire l'apologie des bastons dans les animes, soit parce que ça n'est pas l'intérêt principal de ceux que je regarde, soit parce que je trouve ça exagéré ou mal fait. (voire les deux !) Mais là, ça mérite un bon point, et même plusieurs ! Pour un anime qui ne se prend pas au sérieux, vous échapperez pourtant aux techniques de la morkitultimedesarace, avec des noms à coucher dehors en japonais ( et à se tirer une balle en français ). De toute façon les héros ne parlent pas, parce qu'ils savent se battre, eux. (Quand on tire on raconte pas sa vie! comme dirait Tuco ^^) Et, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est beau. Exit donc les poses d'un quart d'heure, avec papotage et un grand éclair et bam, à plus méchant ! Exit les héros qui font des bonds de trente mètres de haut pour assomer leur ennemi avec un sabre qui coupe comme un rasoir (si vous avez une cicatrice en forme de croix sur la joue et les cheveux roux... Même pas peur, d'abord, c'est bien toi que je vise, Kenshin ! ^^). Exit aussi la magie qui fait qu'on tue tout sans bouger sa lame d'un centimètre (Onime-no-Kyo, tu sors ! ^^ Oui, je sais, il en faut de la culture, pour suivre ! ^^) Ici, rien de tout cela: ça bouge, vite certes, mais humainement faisable, c'est fluide, inventif, bien trouvé, et c'est même regardable, sans critiquer, aux yeux d'un ex-pratiquant (mais toujours croyant) en art du sabre comme moi. Une rareté dans le monde du shonen. A ranger du côté des OAV de Kenhin (et pas de la série !!!) dans le domaine, donc, et à classer tout en haut de l'intérêt des phases de combat.

[u][b]Critique Technique:[/b][/u]

[b]Graphisme:[/b]

Le chara design est un peu particulier, dans la mesure où la recherche esthétique va vers le réalisme et non vers la beauté. Les héros ne sont pas beaux, c'est le moins qu'on puisse dire, et Fuu est mignonne, mais c'est très loin d'être une bombe à faire baver n'importe quel adolescent (ou jeune adulte) du monde ! Certains persos sont vraiment hideux, d'autres simplements pas terribles, et les beautés sont rares. On est vraiment dans un anime qui ne triche pas. En comparaison (manga papier) je dirais qu'on est dans un style plutôt 20th Century Boys. Les persos ont l'air japonais, n'ont pas des "yeux kawaïii" ^^ immenses, la plupart sont petits, courbés, comme les japonais de ce temps. (Et mention spéciale aux américains (si si, je vous dit, que des délires), spécialement gras, laids, vantards et stupides. (j'adooore ! ^^).
Pour ce qui n'est pas des persos, c'est à dire les paysages et décors urbains, c'est dans les standards actuels, c'est à dire très beau, très bien fait, tellement bien foutu en fait qu'on ne s'en rend pas compte. Pas de style, ni d'effets recherchés, juste un dessin pur qui renforce encore le réalisme de l'ambiance... pour que le délire tranche vraiment !

[b]Animation:[/b]

Mention spéciale ! Si d'habitude je trouve l'animation bien faite et discrète, ici, je la trouve parfaitement remarquable, d'un niveau de fluidité rare, même dans les scènes de combats les plus intenses. Ca bouge de partout, jamais un plan fixe (sauf un arrêt sur un beau paysage ou un gag particulièrement virulent), pas de "bullet time" à tout bout de champ. C'est fluide, rapide, plein de vie, et ça mérite d'être dit. Encore une fois pour les amateurs, les combats de sabre sont vraiment de toute beauté.

[b]Musique:[/b]

Arrrrrggghhhhhh.... (Oui j'ai déjà vomi plus haut, alors désolé pour les amis de la poésie, mais avec l'estomac vide, la contraction est douloureuse ^^). Honnêtement, heureusement qu'elle est discrète, mais la musique est à chier. Comme ça c'est clair. Quand Kenshin fait oublier ses fights rocambolesques par une BO d'une rare qualité, Samurai Champloo pêche vraiment par la nullité de sa musique. Le générique fait attraper des boutons aux premières notes (pardon, au premier massacre de vinyle), et très vite on chope le tour de main pour le zapper sur la barre de progression. En dehors de ça, la musique est discrète, mais vu le goût du compositeur, c'est pas plus mal. Sans doute choisie en parallèle avec le côté délire de l'anime, ce qui la justifie mais ne l'excuse pas, la musique est LE mauvais point de cet anime. Amis amateurs de rap, pardon, écoutez, vous aimerez peut-être....

[b]Voix VO:[/b]

Les voix sont de bonnes factures, mais les sonorités globales me sont trop connues pour que je les encense: à la bande son, on croirait parfois entendre un épisode de Kenshin. Je pense que les japonais stéréotypent trop les voix de leurs ancêtres. Aussi le bandit de grand chemin a la voix habituelle de son métier, idem pour le samurai respectable, la jeune fille, le traître, le vieux, le paysan, etc. Ca passe donc bien, mais trop bien, surtout pour les personnages principaux. Heureusement que leur originalité graphique compense.

[u][b]Critique Scénaristique (spoilers!):[/b][/u]

Bon, on va être clair, le scenario n'est pas un monstre de complexité ou d'intérêt comme pour d'autres animes dont j'ai écrit les critiques sur ce forum. Sa relative originalité et son intérêt résident plus dans son exécution que dans son concept. Un road movie, c'est toujours bateau (même si on le fait à pied... OK, je sors !): basiquement, on a un point de départ, une équipe, un but, soit une destination, soit une quête. Si on se contente de ça, Samurai Champloo, ça part d'Edo, et ça file vers Nagasaki via Kyoto. Le but: la fille du groupe doit retrouver un samurai qui sent le tournesol pour s'en venger. Totalement hilarant: avant de rencontrer les deux autres gaillards elle comptait y aller seule, et elle ne connait ni le nom, ni le physique, ni quoi que ce soit du samurai, hormis son odeur... On a donc un voyage classique, une coterie classique de petite taille, et une quête qui a l'air totalement bidon.
Mais ça ne mérite pas de dire que le scénario est plombé: un road movie, c'est aussi plein de petits à côtés de la quête principale, des quêtes annexes (désolé pour le langage de rôliste mais c'est le plus approprié ici). Et c'est sur ce thème que Samurai Champloo donne sa mesure: de quêtes sérieuses (aider une prostituée à quitter sa maison de tolérance, permettre à une artiste intinérante aveugle de relier un point A à un point B alors que les yakuzas sont à ses trousses, aider un jeune homme à réunir les fonds pour payer les soins de sa mère) en quêtes délirantes (gagner un concours de goinfre, aider un hollandais gay à s'insérer dans la société japonaise, échapper aux plans machiavéliques d'un dragueur à la manque qui s'est entiché de Fuu), l'action vous emmène à travers ce beau pays qu'est le Japon de ces temps là, en vous promettant de ne pas regretter le voyage, et de ne pas vous ennuyer une seule seconde !
Par ces aspects là, Samurai Champloo rappelle un peu Cowboy Bebop, mis à part que les épisodes délires contribuent à 50 % dans la série, et que l'histoire se termine avec des vraies explications sur les motivations de chaque personnage, leur passé, et leur avenir probable.

[u][b]Présentation et critique des personnages:[/b][/u]

En tant que "road movie", Samurai Champloo ne comporte pas de personnages secondaires. Il y a les trois personnages principaux, hauts en couleurs, et les autres, qui apparaissent au maximum sur deux épisodes.
Mais ces personnages représentent autant de facettes de ce Japon médiéval-n'importenawakiste, et certains valent leur pesant de cacahuètes. On y croisera de vrais personnages typiques, souvent pathétiques, ou dangereux, ou les deux, (prostituées, artistes, mendiants, voleurs, bandits de grand chemin, assassins, ninjas, ronins), et des personnages totalement hors de propos, pour le fun (rockers, rappeurs, amateurs de baseball (si si, avec la casquette et les lunettes de soleil ^^), et même... un crooner raté qui tente de séduire Fuu (fou rire en chaîne garantis !)
D'une manière générale, les trois personnages principaux n'ont pas de point communs, à part leur passion sans mesure pour la nourriture. Faut dire que vu qu'ils sont pauvres et errants, ils sont toujours en train de crever de faim (une des bases des gags récurrents de la série).

[b]Jin:[/b]

Jin... Par où commencer ? Si je vous dit qu'il est génial, ça ne va pas vous aider, puisque tous les personnages principaux le sont. C'est mon perso préféré, mais ça c'est une info sur mon goût, c'est pas objectif... Bon, alors en vrac: il est grand, mince, de longs cheveux noirs attachés en queue de cheval, comme les samurais d'animes (c'est à dire pas repliées sur le dessus de la tête, mais libre dans le cou), un hakama noir et un habit de dessus bleu (comme les miens ^^), bref, il a de la classe à revendre ! Sobre, taciturne à la limite d'être muet, son dialogue le plus courant est un "mhhh.." qui se décline sur tout les tons et sert selon l'occasion de question, de réponse polie façon "je m'en cogne", ou d'affirmation. Je pense qu'un gars qui aurait sa licence de comm' avec Chewbacca pourrait se débrouiller avec Jin, sauf s'il est sourd, parce notre samurai est très discret dans ses "mmmh". ^^ Ha, oui, dernier détail physique, qui m'a fait tripper tout le long de l'anime: il porte des lunettes plutôt design, sobres certes, mais d'un dessin façon Ray Ban des années 2000 ! (Pour les connaisseurs on dirait les lunettes de Robin de Witch Hunter Robin ^^) Les concepteurs de Samurai Champloo usent et abusent d'anachronismes, et ces lunettes en sont le symbole. Samurai accompli, mais encore jeune, Jin est un vrai pro du sabre. Formé dans l'une des meilleures écoles du Japon, un brillant destin l'attendait... mais un jour, il a du tuer son maître. Ignominie de dernier degré dans le Japon médiéval, cet acte le conduit à errer les routes, fuyant les autorités, et à mener une existence de ronin à la Musashi. Pourtant, et on n'a aucune peine à le croire, ce n'est pas lui qui a trahi son maître, c'est l'inverse. Mais vous ne saurez rien de plus sur le sujet avant la toute fin de l'anime...
Dans son intéraction avec les autres personnages, Jin est un portrait, assez convaincant, de l'autiste bon poids. Il ne parle pas, il ne s'occupe pas des autres, sauf quand l'urgence l'exige, il suit, ou précède, mais il n'est pas moteur dans le groupe. Toujours totalement zen, il semble endurer sans fin Mugen, alors que leurs caractères sont si opposés qu'ils commencent leur rencontre par un combat destiné à se terminer avec la disparition de l'un d'eux. Et il semble totalement sans réaction devant les avances de Fuu, qui, bien que discrètes, n'en sont pas invisibles, mais au contraire facilement interprétables. Il semble l'ignorer totalement, il ne l'écoute jamais, ou juste par politesse, mais ça ne l'empêche pas d'être toujours là quand elle a besoin de lui, de se plier à ses caprices sans broncher, et, globalement, de lui obéir au doigt et à l'oeil. Un vrai mec, quoi ;-). Globalement, on finit par découvrir sous son aspect zen, sage, et passif, un homme profondément bon, serviable, d'une patience infinie, le genre de personne qui font les amis fiables. Son attachement aux valeurs martiales (et à ses attributs de samurai) sont souvent source de gags hilarants (comme quand, fauchés et mourant de faim, ils sont obligés de vendre leurs effets personnels à un prêteur sur gage, et qu'il se voit obligé de donner ses sabres, qui sont de loin les plus grandes richesses honnêtement monnayables du trio ^^)

[b]Mugen:[/b]

Comme Jin, Mugen est un homme d'action, un guerrier. Mais la comparaison s'arrête là. Dans le spectre de tous les traîneurs de sabre du Japon Médiéval, ils sont chacun sur une extrêmité opposée. Mal rasé, mal habillé, plutôt à la mode mongole qu'à la mode japonaise, le regard torve, toujours l'air bourré ou de mauvaise humeur, il semble ne pas quoi savoir faire de sa carcasse dégingandée, toujours courbée, penchée, tordue. Auc côtés de Jin on dirait un canard boiteux accompagnant un cygne. Mais il ne faut pas juger aux apparences... Surtout Mugen, qui en plus d'être un exceptionnel combattant, est aussi soupe au lait, et volontier chercheur de noises. Le genre de mec, quand il t'attaque pas, il essaye juste de se défendre... (^^)
Au début de la série son caractère est tout simplement détestable: il semble vil, vénal, vantard, recherchant en permanence l'affrontement. Au fil de l'anime, la première impression... se confirme ! Mugen est vraiment un "bad guy". Né sur une île d'exilés et de criminels en cavales, il n'a connu de la vie que l'enfer d'une violence aveugle et permanente. Seul ses aptitudes innées lui ont permis de survivre, mais plus comme un animal que comme un homme. C'est ce qui explique son immense différence avec Jin, tant de caractère que de façon de combattre. Alors que ce dernier a tout appris d'un grand maître, dans le calme recueilli d'un dojo, Mugen a combattu pour survivre dès son plus jeune âge. Cela n'a pas adouci son caractère déjà rude: pour lui le monde est un enfer, et la seule chose qui compte et d'y survivre, et pour y survivre, la vie lui a appris qu'il fallait être fort, se renforcer, et toujours rester dans le challenge. Ceci explique son style de vie.
Niveau baston Mugen est un personnage très intéressant, puisque les dessinateurs lui ont conféré un style qui n'a rien à voir avec tout ce qui peut être vu ailleurs: le style à l'arrache total, baptisons le le Mugen Ryu ! (^^). Notre homme combat avec un sabre qui a des attributs étrangers (chinois), synonyme de "bizarre, tordu" dans le code de l'anime Japon Médiéval. Le maniant d'une main, sans aucun sens apprent de l'équilibre ou de quoi que ce soit d'autre, c'est pour lui "un truc qui coupe" et ça suffit. Pour le reste, Mugen est un opportuniste fou furieux. Tout son environnement lui sert dans cette innénarrable technique "non technique" source d'innombrables fou rires, surtout lors de ses confrontations avec Jin. Mugen ne connait pas de règle: mains, bras, pieds, sabots, table, chaise, bougies, tenture, passants (^^) tout est susceptible de lui servir, le tout avec de multiples accrobaties de gymnaste chinois qui n'ont que peu de choses à voir avec les arts martiaux traditionnels. Mais entre le Délire et la Rigueur, entre Mugen et Jin, il y a équilibre des forces. Et il y a plus: avec le temps, vient le respect mutuel, avec le temps viennent une compréhension de l'autre, sans parole, sans manifestations d'aucune sorte. Avec le temps vient une amitié étrange entre deux hommes que tout oppose et qui ont un duel sur le feu à rattraper ! Ironie récurrente, chacun aide l'autre dans ses galères... puisque chacun seul a le droit de tuer l'autre, en reprenant le fameux duel du début. Mais bien vite on sent que ce duel devient un prétexte à s'entr'aider quand on n'est pas censé le faire...
Un dernier détail. A garder à l'esprit: seule une chose intéresse Mugen en dehors de se battre: manger. Vous n'êtes pas près d'arrêter d'en rire !

[b]Fuu:[/b]

L'inévitable et indispensable présence féminine de tout bon anime qui se respecte. ^^ Fuu est un personnage intéressant. Déjà, l'écueil de la bombe qui sert juste à balader son physique pour faire du fan service a été évité. Fuu est mignonne, mais ça n'est pas ce qui importe. Sa beauté est bien plus due à son air jeune qu'à des critères plastiques particulier, visage et chevelure mise à part. Comme les japonaises de ce temps là, emballée dans un kimono, on ne risque pas de remarquer ses formes. Mais Fuu est peut-être le personnage le plus indispensable de la série. C'est le ciment du groupe, son humanité, sa gaieté, et sa vie. Elle semble toujours d'ailleurs se battre contre des moulins à vents, puisque ses deux "gardes du corps", en plus de ne pas s'entendre, l'ignorent totalement la plupart du temps. S'ils la côtoient, l'aident, la protègent, au niveau amical, ou affinités, ça n'est pas vraiment ça. Si la survie du groupe dépend de leurs talents de guerriers, c'est elle qui fait pratiquement tout le reste. (si j'en entends une qui dit "comme d'habitude" ... Groumpf ! ^^)
C'est elle qui décide de la conduite des opérations, c'est elle qui les envoie gagner leur riz, c'est également elle qui provoque la majorité des quêtes annexes du road movie: tour à tour amoureuse, séduite, enlevée, menacée, elle est le point faible du trio, autant que sa raison d'être. Mais elle est aussi son point fort: elle seule, de ruses en émotivité, parvient à retenir les ardeurs combattantes de Jin et Mugen, surtout celles qui les poussent à s'affronter. On se demande d'ailleurs ce qu'elle éprouve pour les deux garçons (air connu, je sais ^^). Tantôt l'un, tantôt l'autre, tantôt les deux, de rougissements en demi aveux, d'abandons en crises de jalousie (surtout lorsque l'argent gagné s'envole dans les maisons de tolérance ^^), Fuu souffre de ne pas savoir choisir, et de ne pas savoir ce qu'elle veut tout court. (comme je le disais finalement, Samurai Champloo est très réaliste... Aïe! Ouille! Mais arrêtez à la fin ! ^^)
Sa quête du "samurai sentant le tournesol" semble une idée fixe pour elle, mais elle est totalement opaque aux deux autres, puisqu'elle n'a d'autres précisions à apporter que cette fragrance et le désir de vengeance qui l'anime.
Sa deuxième passion... vous l'avez deviné ? La bouffe ! On dirait vraiment que les auteurs ont fait une fixation sur ce besoin récurrent, plus encore que dans Cowboy Bebop. A croire que beaucoup de japonais meurent de faim (???). Fuu a d'ailleurs une aptitude que lui envient ses compagnons, (et beaucoup de spectatrices je présume ^^): celle de contenir dans un corps menu et svelte un estomac capable d'ingurgiter d'impressionnantes quantités de nourriture, de sortir d'un resto aussi large que haute... et de retrouver sa beauté virginale et sa finesse deux séquences plus loin !

[u][b]Conclusion et notation:[/b][/u]

Attention, bon concept ! Ne ratez pas Samurai Champloo si:
- vous avez envie de rire dans un cadre original
- vous avez un intérêt pour le Japon Médiéval (et n'êtes pas allergiques à l'humour décalé)
- vous aimez les relations impossibles entre personnages couverts de défauts de communication

Graphiquement réussi, drôle et sérieux à la fois, Samurai Champloo réussit l'exploit d'être un bon anime avec peu de choses engageantes à la base, mis à part l'excellent trio de personnages principaux, et l'esprit totalement délirant du scénariste (la moquette de son bureau doit être de bonne facture ^^). Signe qu'on peut faire beaucoup avec du talent, sans s'appuyer sur les ressorts classiques du genre.
Samurai Champloo mérite aussi d'être vu pour son originalité, c'est un peu un OVNI dans le genre convenu du "Shonen de samurai."

Pour la notation, je mets 7 sur 10. Rien que pour l'allergie à la bande son, qui plombe vraiment mon avis. Avec une bande son au standard de celle de Kenshin, par exemple, on pourrait aller à un 8 sans problème.