Un mois... Un mois sans Kendo, et sans sport du tout d'ailleurs. C'est dur, très dur. En ce moment, j'ai vraiment une activité professionnelle pénible, que je qualifierais de "diarrhéique": on me demande de faire de la m..., du boulot mal fait, très vite, trop vite, et en très grande quantité. Je ne rentrerais pas dans les détails, qui sont très peu intéressants. Il suffit juste de savoir que ça me prend 9 h 00 par jour sans pause, et que c'est exactement le contraire de l'idée que je me faisais du boulot pour lequel j'ai fait mes études.
D'où désillusion, mais aussi grosse déprime.
De plus, rentré trop tard la plupart du temps, ou dans un état psychologique me "vidant" totalement, je n'allais plus au Kendo.
Un mois à rester assis ou allongé sauf le WE, et à grignoter pour essayer d'endiguer déprime et stress. Ce mois a laissé de grosses traces dans mon physique et mon mental, qui se sont tous deux fortement affaiblis.
J'ai voulu, hier soir, aller au Kendo quand même, sortir à une heure décente du taf.
C'était une reprise de vacances, pour ceux qui en ont, mais c'était tout sauf une reprise au Kendo.
Au club, entraînement commando: avec les vendredi fériés qui sautent, il reste deux séances pour "guérir des vacances" les meilleurs, avant de recevoir dignement un illustre maître venu du Japon, et d'enchaîner sur des compets.
Le cocktail forme lamentable et entraînement commando, je ne conseille à personne.
Echauffement violentissime en armure, gainage, pompes, suivi d'une quantité effarante de haya suburis.
A la fin des suburis, j'étais mort, sec, dans le rouge flamboyant.
Le Mokuso ne m'a pas aidé, et j'avais déjà mal partout lors des exercices. Crampes, bras en plomb, et, finalement, au bout d'à peine une heure, un "drôle" de symptome: comme un point de côté, mais qui traverse tout l'abdomen d'un côté à l'autre, comme le passage d'une coupe Do. Puis, un échange plus tard, une "barre" au front, d'une tempe à l'autre, et une nausée qui a bien failli se concrétiser.
Bilan: forfait en une petite heure, et il m'a fallu presque toute l'autre heure à regarder sur le banc de touche les autres s'escrimer, c'est le cas de le dire, pour que ces symptômes disparaissent.
Une séance noire, qui m'a filé un vilain coup au moral. Super, j'avais bien besoin de ça...
Rentré à la maison, dégoûté, je me suis revu plus jeune, j'ai ressenti à nouveau ce qui m'avait poussé à bouder le sport pendant tant d'années: être sur le banc de touche, mort, alors que les autres continuent normalement, et vous accablent de leur pitié condescendante. Un visage inquiet, sympathique, est dans ce cas pire qu'un visage rieur. Il ne vous dit pas "Ho le branleur qui s'arrête au moindre bobo". Il ne vous énerve pas, ne vous donne pas la rage de remettre le casque et les gants et aller casser la gu... à la Terre entière.
Il vous dit: "Mon pauvre vieux, tu ne tiens pas, tu n'as pas ta place ici, tu t'es perdu et fais quelque chose qui n'est pas pour toi. Rentre chez toi.".
J'espère que ça ira mieux la prochaine fois.
Consolations tout de même:
1) Mon énergie perdue est revenue, aujourd'hui j'ai enfin chaud et je sens à nouveau mon corps vivre. J'avais toujours froid ces derniers temps, et je me sentais comme un zombie. Là j'ai mal partout mais je sens l'énergie de mon corps ranimée.
2) Je crois avoir réussi pour la première fois des beaux petits Men. D'ordinaire ils "meurent sur le casque" et ne font que le toucher avant de faire glisser le sabre. Là, j'avais un armé suffisant pour faire un bruit bien sec ET ensuite glisser sur le casque. Preuve que tout n'est pas perdu.
En tous cas, ce matin, je me suis remis à ma tâche auparavant quotidienne de faire au moins cent suburis par jour. Je mesure l'étendue de ma faiblesse: le bokken pèse (alors que je ne le sentais plus il y a un mois de cela), et je suis tout essoufflé à la fin de la série de cent...
De plus, rien n'est naturel, j'ai l'impression de tout devoir réapprendre à mes muscles. Ca ne coule pas, j'ai un mauvais feeling.
C'est inadmissible. Il me faut remédier à cela.
L'escalier du Kendo est sans fin, inutile donc de penser arrive ren haut un jour. Mais ça fait vraiment mal de se rendre compte qu'on a redescendu autant de marches...