Salut à tous !

Ca fait un bail que je n'ai rien posté, c'est fou comme le temps passe vite !
De retour de vacances, je me dis qu'il est bien temps d'écrire quelque chose sur ce blog.

Je continue depuis le dernier post à bosser l'escrime médiévale de tradition Lichtenauerienne au sein du PEAMHE. Et ça prend ! Dingue de voir les progrès qu'on fait dans une escrime entre 6 et 18 mois de pratique, je me retrouve presque comme au Kendo il y a deux ans de cela: apprendre un truc énorme à chaque séance, qui remet tout en cause mais fait progresser très vite.

Le problème est que contrairement au Kendo il est difficile de parler de tout ça. Déjà le public est moins large et aussi moins profond, les termes sont opaques et tout est soumis à interprétation. Et puis l'escrime est beaucoup plus riche. En ce moment, par exemple, après avoir travaillé sur les traités de Ringeck et Von Speyer en les commençant par la fin (nous trouvons cela plus pédagogique comme démarche, ce qui est présenté à la fin est plus "facile" que les grands concepts expliqués au début), nous recommençons depuis le début, après avoir fait un tour assez complet des grandes bases des ouvrages: travail au fer, ressenti mou/dur, travail des rotations, placements, à partir du liement du fer, des entailles, estocs et tailles appropriées aux distances de travail différentes.

Ensuite nous abordons le travail de plus près, i.e. la lutte à l'épée, les désarmements, clefs, mises à terre, qui sont difficiles à appréhender sans cursus d'art martial pied/poing, mais très intéressant pour apprendre à placer son corps, trouver son équilibre, savoir alterner très rapidement souplesse et rigidité, et enfin apprendre à tomber, ce qui n'est pas évident du tout ! Bien qu'on pratique un art d'arme, la lutte est fondamentale pour ce qu'elle apprend, mais aussi parce queles "entrées en luttes" sont susceptibles de se produire dans le cadre d'une escrime "normale", lorsque les différentes approches et ouvrages ont échouées, et qu'on en vient aux mains et aux pieds par manque d'espace pour manoeuvrer l'épée.

Enfin, on en revient aux premières lignes des sources: placements, déplacements, et techniques d'approches, les fameux "coups de maître". Et là on s'aperçoit que ça n'a plus rien à voir avec nos timides début: on travaille plus vite et plus fort, mais surtout les longues heures passées à "sentir l'autre au contact de son épée" ont développé une sorte d'instinct qui permet d'anticiper ce que va faire l'autre même avant le contact des lames (pour les plus doués cela dit, ceux qui n'en sont pas à leur premier tour de spirale d'apprentissage ^^), mais, et cette fois-ci pour tous, cet instinct permet de sentir "dès le contact des lames" si l'autre est mou ou dur, et de réagir en conséquence, pour peu qu'on ait à l'esprit à dispo immédiate le catalogue de techniques...

Ce que je veux faire pour ce blog c'est réussir à pondre un exposé synthétique des principes de cette escrime, au delà des techniques multiples et variées. Mais c'est très dur, et il me faut encore beaucoup travailler pour cela.